« Urgence » en France et en Europe : l’aide aux plus démunis

Une des urgences mises en lumière cet été n’honore pas notre pays. Jérôme Charré, dans un article intitulé « Non à la solidarité européenne à deux vitesses », met le focus sur l’aide aux plus démunis, à nos portes. Et je ne peux commencer ce billet sans au moins penser à ceux qui ont  « la chance » de faire la Une dans la corne orientale de l’Afrique, mais un autre article sera nécessaire.

Sur l’aide aux plus démunis dans l’UE, j’apporterai quelques précisions : la coupe drastique du budget communautaire n’est toutefois pas le fruit d’une volonté directe de s’attaquer aux plus démunis. L’espoir est encore permis.

En effet, le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) est basé, depuis l’urgence d’un hiver particulièrement rigoureux en 1986-87, sur l’utilisation pour les plus nécessiteux à travers l’Union, de certains stocks excédentaires de produits collectés par la Politique agricole commune.

Au fur et à mesure que ces stocks ont été réduits, une contribution financière directe s’est ajoutée pour conserver les aides dont différentes associations caritatives ont la charge de la distribution.

Une vingtaine de pays de l’UE participe à ce projet qui atteint plus de 300 millions d’euros en 2008.

Or, en 2009, le budget, adopté à la fin 2008, a été contesté a posteriori sur un plan juridique entre d’un côté, l’Allemagne et la Suède, et de l’autre côté, la France, l’Espagne, l’Italie, la Pologne. L’affaire a été portée devant la Cour de Justice de l’UE à Luxembourg. Le 13 avril dernier, celle-ci a tranché en faveur de la position allemande. La Commission européenne a ainsi été condamnée à combler ce que l’Allemagne avait versé « en trop ».

D’où la solution de puiser sur le budget à venir et de réduire à 113 millions d’euros les aides attendues, soit une réduction de près du quart !

Quand on sait qu’en 2008-2009, par exemple, les « Restaurants du coeur » ont perçu près de 20 millions d’euros équivalents de marchandises fournies par l’UE et la France, on imagine la crise à surmonter pour l’hiver prochain comme le souligne avec clarté Jérôme Charré dans son article. Or, selon les estimations des associations caritatives, sur les quelque 43 millions d’Européens sous le seuil de la pauvreté alimentaire, 2 millions risquent de ne plus pouvoir être aidés.

Voilà où semble se situer le problème : une contestation a posteriori, la mollesse des réactions politiques (notons celle remarquable de nos députés européens du MoDem dans une déclaration en date du 28 juin 2011 et disponible sur le site du mouvement, dans la rubrique du Cabinet Shadow dans la partie « Europe » dont se charge Sylvie Goulard), isolement de certains pays (heureusement pour nous, la France en fait partie!) pour défendre ce programme, absence de publicité et de communication (où sont les Unes de la presse sur ce sujet ?), gestion européenne complexe voire absurde (à quand la simplification et la mise en place d’une véritable pédagogie explicative du fonctionnement de l’UE à l’intention des citoyens ?).

Il faut donc faire pression pour que le gouvernement fasse une proposition d’urgence à ce sujet !

 

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email
par Mat' S., mardi 02 août 2011

Réagir