La solidarité, une des valeurs humanistes fortes

Dans l’un des derniers bulletins de communication de Marielle de Sarnez, il est bon d’y relire les propos d’une grande actualité prononcés alors par Robert Schuman, ministre des Affaires Etrangères, un certain 9 mai 1950, au salon de l’Horloge du Quai d’Orsay :

L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait.

La clé pour surmonter la crise de la zone Euro que nous subissons aujourd’hui, comme aux lendemains difficiles de l’après-guerre, repose sur cette idée forte : la solidarité entre les Européens. Le partage de la dette n’est pas, comme il pouvait être entendu encore ce matin sur les ondes de France Inter, une prime à un pays (ici la Grèce) qui n’aurait jamais rien apporté au reste des pays de l’Union, si ce n’est de jolis paysages pour touristes et une culture antique admirable pour lettrés.

Ce partage est une preuve de la volonté de bâtir un avenir commun où celui qui se trouve dans le creu de l’ornière peut compter sur ses voisins pour remonter la pente. Dans son intérêt comme dans le nôtre. Même si les solutions économiques qu’elle entraîne peuvent être criticables (mais laquelle serait parfaite ?), cette idée a le très grand mérite de ne pas détruire ce que nous construisons depuis plus de 60 ans.

Je comprends pour autant le sentiment naturel d’espérer qu’aux heures de la tempête, le retour au bercail suffise pour échapper aux turbulences. Mais il a souvent été le sentiment exacerbé à la veille d’un cataclysme, non d’un redressement. A chaque fois que les hommes se sont réunis et ont construit leur avenir dans un esprit de solidarité, les fruits n’ont pas tardé à être perceptibles.

Les grands tournants de l’histoire contemporaine de la France le montre : lorsque les défis étaient suffisamment lourds, comme après la défaite de 1940, à la Libération, en 1954 ou en 1958, le rassemblement au-delà des clivages traditionnels a été nécessaire et les Français s’y sont retrouvés. Ce n’est pas un simple hasard, si l’une des valeurs défendues à ces moments a été la solidarité.

Or, actuellement, on peut regretter fortement que cette idée forte, de notre République comme de la construction européenne, batte de l’aile. La démission de Xavier Emmanuelli du Samu social de Paris ce 19 juillet est un de ces cris qui devraient tous nous alerter: les responsables politiques, à commencer par les plus hautes autorités de l’Etat, ne doivent pas considérer la solidarité nationale ou européenne comme une erreur de politique à réformer mais comme un atout. Ils ne doivent pas amputer ce système de solidarité comme si cela était une partie facile à sacrifier : qui dans la détresse peut avoir une voix suffisamment forte pour alors se faire entendre ?

L’Etat est de nos jours le garant des solidarités. Il n’a pas à démissionner de cette mission.

L’Europe est née de l’esprit de solidarité. A nous de ne pas trahir cet espoir.

 

 

 

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par Mat' S., mercredi 20 juillet 2011

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